Sois beau et ne dis rien !

Il n’y a pas très longtemps, je suis allé visiter le nouveau Musée du Quai Branly. Pour un passionné de l’Australie et des Aborigènes, c’était incontournable. Mais…

L’esthétique du bâtiment ne me déplaît pas. Vous me direz : les goût et les couleurs… A mon goût donc, c’est une réussite. Je ne parle que de l’extérieur pour le moment. Pour pouvoir vous parler de l’intérieur, il va falloir attendre un bonne heure et demi. C’est ce que j’ai attendu dans les courants d’air pour pouvoir atteindre l’une des deux malheureuses caisses habilitées à délivrer les tickets d’entrée pour les collections permanentes. Nous étions le 1er novembre, jour férié. Deux autres caisses étaient réservées aux entrées à l’exposition en cours. A noter : aucune file d’attente pour ces deux caisses. J’ai très mal choisi !

Bref, si l’on peut dire, me voici avec mes deux tickets (j’étais avec ma femme, c’est plus sympa un file d’attente à deux !) et re-attente quelques mètres plus loin, toujours dehors dans les courants d’air. Mais là j’exagère, on n’a pas attendu plus d’un quart d’heure cette fois.

Entrée dans le bâtiment, enfin ! On suit (bêtement) les autres et on monte un plan incliné style accès à un parking souterrain (en fait, aérien puisqu’on monte). Rien à voir ou presque, c’est blanc et vide pendant toute la montée. On arrive au « plateau des collections ». Je vérifie que ce n’est pas encore l’heure de la fermeture et on fonce, essaie de trouver l’Océanie. Zut, on aurait du prendre un plan à l’accueil (c’est gratuit), une boussole, un sextant, un astrolabe et un GPS. A contre-sens, nous nous dirigeons vers l’Australie. Je dis à contre-sens car la plupart des visiteurs venaient en face de nous, mais la visite est libre après tout et puis comme on allait « down under » pourquoi ne pas tout faire à l’envers ! Pour faire court, j’arrive directement à l’Australie.

Quelques très belles peintures style dot painting, dont une dans l’ombre totale (panne de projecteur ?), déjà que l’éclairage n’est pas violent. Une vitrine (une alcôve ? vous savez les cubes qui ressortent de la façade) contenant quelques boomerangs, propulseurs et boucliers. Beaux ? intéressants ? peut-être, sûrement. Mais imaginez des objets en bois sombre (style mulga) sur un fond noir, derrière une vitre concave de 3 bons centimètres d’épaisseur et une lumière tamisée (avec des tout petits trous dans le tamis)…

Un peu plus loin, une impressionnante collection de peintures sur écorce toutes entassées les unes contre les autres, comme une immense mosaïque (genre 3m de haut sur 10 de large) que l’on est obligé de regarder sans recul puisqu’une sorte de muret-banc (2m de haut le muret!) délimite un couloir le long de cette vitrine.

Et des didgeridoos ? Effectivement, j’en ai vu un (aperçu serait plus exact) parce que je sais ce que c’est et que je cherchais bien. Sinon… Pour les instruments de musique, il faut que je vous explique. Imaginez une immense conduite de verre qui traverse verticalement le musée de bas en haut, équipée d’étagères de rangement métalliques (comme dans votre garage mais en beaucoup plus grand et beaucoup plus chère, sans doute !) sur lesquelles sont entassés les instruments du monde entier. Je ne les ai pas comptés mais il me semble avoir entendu quelque part qu’il y avait là la totalité des collections ! De toute façon, peut importe, puisqu’on est bien incapable d’en apprécier une seule pièce vu la distance qui nous en sépare et la « mise en valeur » sur les rayonnages. Impression générale : une immense brocante sous une cloche à fromage ! Alors mon didgeridoo dans tout ça… je ne peux même pas vous dire si il était décoré ou pas.

Nous avons quand même quitté l’Océanie pour visiter le reste. Pas de surprises, la première impression était bien la bonne : une collection d’objets, de beaux, de très beaux objets exposés au regard du public (quand l’éclairage le permet). Mais ces objets ne disent rien, ne racontent pas d’histoires. Ne comptez pas sur les cartels pour vous renseigner. D’abord il faut les trouver, ensuite ils sont réduits à leur plus simple expression. Exemple : un propulseur ça sert à quoi ? Pas une gravure, pas un texte, même pas une sagaie à proximité !

Pour finir, un petit tour dans la médiathèque (moins de documents sur les Aborigènes que dans ma bibliothèque perso !) et à la librairie. Petite note positive : j’y ai trouvé un livre sur Les Aborigènes et l’apartheid politique australien. Elle n’est pas si mal cette librairie !

Publicités
Published in: on 28 novembre 2006 at 23:43  Comments (1)  

The URI to TrackBack this entry is: https://jurassicboom.wordpress.com/2006/11/28/sois-beau-et-ne-dis-rien/trackback/

RSS feed for comments on this post.

One CommentLaisser un commentaire

  1. PS : le blog est très joli!!


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :